Avec l’ami Primo, dans mon élément et dans mon monde sur-naturel.

SURVOL – Entre septembre 2001 et mars 2020… Entre terrorisme et pandémie… Entre liberté et confinement…

Entre persévérance et résilience… Entre vous et moi…

Photos : Louis-Georges

JANVIER 2001  Je m’envolais pour Paris. Je débutais ma retraite. Depuis le 11 septembre, les événements terroristes du World Trade Center de New York étaient encore très présents dans tous les esprits partout où nous allions.

Lors des embarquements dans les aéroports, on nous fouillait deux fois plutôt qu’une. Tous les voyageurs étaient de potentiels terrorismes.

Comme nous devions faire une escale à Philadelphie, le commandant de bord attira l’attention des voyageurs lorsque nous survolions New York : deux jets de lumière s’élevaient bien haut dans le ciel, en souvenir des tristes événements de l’automne.

AU-DELÀ DU SOUPÇON

Malgré cette atmosphère de suspicion généralisée, je comptais bien faire de ma retraite un trait nouveau sur ma vie. La peur n’était pas au programme! Pour ma retraite, j’avais projeté de passer quelques hivers en France.

J’avais une folle envie de refaire le plein de ma flore culturelle intérieure. Approfondir mes connaissances dans un pays qui a vu naître mes arrières, arrières… ancêtres. Je redevenais étudiant. La vie poursuivait son cours beau temps mauvais temps !

Cet hiver-là, le studio que j’habitais n’était pas très loin de la mythique tour Eiffel, qui, pour l’heure, avait une protection accrue et se tenait au garde-à-vous S.V.P.

Muni de mon Routard, je m’étais alors limité à visiter Paris et les environs. J’allais de parcs en jardins. De conférences en expositions. De monuments en architectures.

J’avais une faim de tout voir, entendre et comprendre. J’étais allé jusqu’à me demander pourquoi mes ancêtres avaient quitté un si magnifique paradis ! Sans doute sous l’influence d’un désir de vie différente, meilleure.

SÉCURITÉ OBLIGE

Je faisais le plein intérieur dans un environnement pourtant inquiet, qui m’envoyait sans cesse à la fragilité des acquis.

Quelque chose dans le monde s’était cassé. Je m’efforçais donc d’aller au-delà des apparences, du soupçon généralisé d’une mort potentielle tenant lieu de vie.

Profiter pleinement de mes trois mois d’hiver. Découvrir. Questionner mes enracinements à la vie durement ébranlée pour l’heure.

Et il y avait un prix à payer : montrer patte blanche partout où j’allais sans trop me laisser envahir : fouilles, passeport en main obligatoire…

Comble du comble : l’absence de barbe sur mon passeport en faisant grimacer plus d’un ! Enfin, je devais également me séparer de mon précieux vieux sac à pêche que je portais fièrement en bandoulière aux casiers prévus à cette fin dans les édifices d’État. Sécurité oblige !

SURVIVRE AU LOUVRE

Je réservais mes lundis pour visiter le grand livre du monde de la vie, de la création, de l’humaine condition: le Louvre. J’ai tout fait, de la cave au grenier. Surtout la cave! L’Antiquité gréco-romaine !

Le Louvre était pour moi un havre de paix qu’aucun terrorisme ne pouvait enrayer de la surface de la Terre, puisqu’inscrit dans la matérialité et l’immatérialité de notre rapport au monde.

Un lieu où le temps et l’espace nous ouvrent grand les bras d’un monde sans frontières, toujours en quête de sens, puisque sans certitude aucune.

Peinture, nature et culture...

La peinture, cet hiver-là, attira plus particulièrement mon attention. Plus spécialement les peintres impressionnistes. Ceux et celles dont le geste, la sensation, l’impression les enracinaient au monde des vivants.

Je me découvrais un lien de parenté avec eux : nous étions habités par la même envie de défrichement, d’entrer en dialogue avec nos jardins intérieurs. Par une envie d’échapper aux clichés, aux académies, aux préfabriqués, lesquels ne peuvent tenir lieu de vie créatrice. De réconciliation de la personne avec son milieu. De reconnaissance d’une nature et d’une culture qui ne cesse d’advenir.

LE VOYAGE SUR PLACE

MARS 2020  Quelque 20 ans plus tard, qui m’aurait dit que mon hiver 2020 baignerait également dans la peur de la mort avec le coronavirus et la COVID-19.

J’ai cette fois-ci la curieuse impression de passer du pareil au même : d’aller d’un terrorisme sans visage à un virus également sans visage par lequel la liberté des uns et des autres est atrophiée, sous surveillance, au nom de la… vie.

Car l’un et l’autre engendrent le soupçon, la restriction. La distanciation. L’enfermement. Une mort tout à la fois potentielle et réelle.

À nouveau, j’expérimenterai mon monde intérieur par le voyage, l’exil sur place. Le corps et l’esprit seront de nouveau mis à contribution.

Ma journée de confinement typique...

Côté corps : je ferai ma marche quotidienne du matin, suivie du yoga dans un silence monastique, avec respiration et concentration sur chacun des mouvements. Et avec beaucoup de bruits intérieurs ! De tout mon corps, je tiens à m’enraciner au monde des vivants !

Enfin, en cours de journée, avec Louis, nous poursuivons le travail de ces jardiniers qui, dès avril, font leur compostage sur place et peaufinent leurs jardins. Jamais ceux-ci n’auront été aussi prometteurs et n’auront été aussi beaux, qu’en cette année de pandémie. Jamais ont-ils été aussi manucurés. À la française, quoi ! Le virus nous rend fort besogneux de nos jours!

Côté esprit : nous poursuivons notre approfondissement du grec, de l’anglais et par ricochet du français. Nos neurones ont droit à leur dose quotidienne de stimulation, quoi !

De plus, par le biais de mes lectures, je peaufine mes connaissances de l’homo sapiens, depuis son enracinement et sa sortie d’Afrique, jusqu’à nos jours, avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de la robotisation et du transhumaniste. Que de chemins parcourus et à parcourir ! 

POURSUIVRE SA ROUTE

Les écrits, les regards paléoanthropologiques des scientifiques ne cessent d’attirer ma curiosité et de m’enraciner dans mon humanimalité. J’ai besoin de preuves, de vestiges, de squelettes, de débris minéraux, végétaux, animaux et humains pour croire en ma présence. Je ne peux rien y changer !

Ce doute existentiel je le dois sans doute à ma formation classique et philosophique religieusement bien orchestrée qui fut mienne au cours des années 1960.

Nos vies ! Quels romans magnifiques ! Plus d’une fois, en cours d’évolution, nous avons failli y laisser la peau. Trop souvent, pour survivre, l’homo sapiens a dû parfaire et son physique, sa génétique, et son mental, ses conceptions de la vie elle-même.

Toutes ces questions de vie ou de mort qui taraudent présentement notre quotidien ne sont donc pas d’aujourd’hui.

Voilà qui me rassure ! Voilà qui m’invite à poursuivre ma route pour le meilleur et pour le… rire !

LEJARDINIER ET PRIMO ONT LU POUR VOUS…

Sapiens face à sapiens
Par Pascal Picq • Éditions Flammarion • 2019 • 311 pages.

Revue • DOSSIERS SCIENCE • Le corps humain • Tout savoir sur les organes et systèmes qui régissent notre corps
Directeur de la publication : Manuel Oranto. Auteurs : Françoise Beck-Frehel, Raphaël Lévêque, Rémi Pin • Éditions du Sens • 2019 • 98 pages.​

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Louis Couture

Les Créations Diversiformes

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