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Une autre journée inoubliable au lac La Pêche

SURVOL – Que faire lorsqu’on a envie de décrocher et qu’on a peu de temps pour le faire ?

Au fil des étés, mes voyages d’un jour tentent encore de répondre à ce questionnement…

Depuis longtemps, la création et les Jardins diversiformes font le bonheur de mes étés, mais qui dit jardinage, dit aussi temps, efforts physiques et ténacité. Souvent perplexes, les gens qui visitent nos jardins nous demandent comment on peut arriver à faire tout ça.

C’est l’occasion idéale pour leur parler de l’approche articole imaginée par l’ami Lejardinier qui confie une large part du travail à la nature elle-même pour mieux laisser le champ libre à sa création.

Aussi, on leur explique qu’il faut se donner les moyens, dès qu’on en ressent le besoin, de décrocher, de lâcher prise, de prendre un recul, afin d’éviter que la passion ne cède le pas à l’épuisement.

Curieusement, il nous est impossible de savoir jusqu’à quel point ce message passe. Parfois, à bout d’argumentation, je m’amuse à dire aux visiteurs : « soit le jardin vous nourrit soit il vous bouffe ».

PRENDRE LE LARGE

Mais pour moi, il y a plus que ça : je vous avouerai que mon rapport à l’été a toujours été un peu spécial. Ainsi dès juillet, l’appel de la vie de chalet résonne de plus en plus fort dans tout mon corps.

La canicule a une façon bien à elle de me replonger dans le souvenir de mes vacances de jeunesse passées au lac Simon, le célèbre pays de Canard blanc*. Et alors, le seul moyen de désamorcer cette nostalgie, c’est de briser la routine en prenant le large.

Ici, le mot large est à prendre avec un grain de sel, car dans cette histoire, il s’agit simplement d’aller redécouvrir la magie qui m’entoure en me retrouvant subito presto près d’un cours d’eau.

Pourquoi tout çà ? Juste pour réapprendre à observer et surtout à composer avec le jour qui passe sans ces éternels emplois du temps utilitaires et sans ces missions autour desquelles on se met en orbite.

Et si la pluie se met de la partie, l’exploration bifurque alors en se mettant en mode villégiature. Où que l’on aille, n’y a-t-il pas, le long de la route, un site enchanteur, un village pittoresque, un musée régional, des boutiques, un concept unique ou un terroir à explorer ?

PLUS QU’UN ALLER-RETOUR

Ainsi vont mes voyages d’un jour : tout se fait en une journée, avec des destinations situées dans un rayon de, plus ou moins, 100 km. Lors de ces moments privilégiés, je suis à l’occasion accompagné, mais la plupart du temps, j’y vais sur mon pouvoir comme on dit.

Armé d’un livre, de papier – mais loin des médias sociaux –, je pique-nique, je me baigne avec les poissons, je prends des photos, je… C’est d’ailleurs durant ces instants de contemplation que les nouvelles idées et de futurs concepts font surface. Puis, en fin de journée, c’est le retour triomphal vers la maison.

Pour ma part, j’aime bien partir, mais j’aime aussi retrouver mon patelin et sa vie. Partir, n’est-ce pas ouvrir la porte à un nouveau retour ? À chaque fois, cette distance d’un jour, entre moi et mon quotidien, vient comme tromper mon esprit qui éprouve l’illusion d’une absence beaucoup plus longue qu’elle l’a été en réalité. Et, tiens donc, je retrouve mon espace, mes projets, avec un regard renouvelé et le désir ardent de remettre la main à la pâte !

J’adore ces voyages d’un jour qui me reconnectent avec mon passé, ma nature, mon environnement, mon écosystème. Un simple rituel dont le souvenir immunise contre la neurasthénie hivernale et réchauffe les soirs de froidure : occasions idéales pour tracer sur une carte géographique des trajets à venir.

LE SECRET DÉVOILÉ

Voilà ! Vous connaissez maintenant presque tout de mes escapades de proximité ! Chose certaine, si en toutes saisons, vous éprouvez également une sorte de torpeur existentielle, il n’est jamais trop tard pour vous inventer le voyage d’un jour à votre mesure.

* Le pays de Canard blanc…

Cet été, le livre de Jean-Guy Paquin Le pays de Canard Blanc m’a fait voyager dans le temps. À partir d’un véritable travail de terrain et d’archives, l’auteur relate l’histoire du lac Simon, de ses environs, et de son passé amérindien toujours resté si nébuleux.

Grâce à lui, j’ai découvert que d’autres bien avant moi ont été envoûtés par les paysages du lac Simon. Ah ! Le beau lac, avec sa grande île de Canard Blanc aux plages de sable fin , surmontée d’une montagne, elle-même coiffée par le lac des Étoiles.

J’ai été très surpris d’apprendre le son des noms de Simon Kanawato (1797-1874) et de sa compagne Marie-Anne Otajawadjiwanokwe… et celui de leur fille Louise Simon et de son époux Amable Canard Blanc et…

Enfin, il était temps de faire leur connaissance et mettre des noms et des visages sur ces silhouettes du passé qui, dans les feuillages des arbres de mon enfance, ont peuplé mon imaginaire.

Une halte routière plutôt originale, près de la baie Gamache au Lac Simon

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