En plein rêve méditerranéen

SURVOL – Les Jardins diversiformes et l’alternance des saisons qui les anime ne cessent de m’inspirer.

Aussi, plusieurs séjours en Europe sont venus nourrir ma réflexion et susciter tout un dialogue dont voici un aperçu…

Photos : Lejardinier

Louis Couture – Pour toi, toute vie est minérale, végétale, animale, humaine, et, saisonnière… Je me demandais ce qui t’a poussé, au début de la retraite, à mettre des mots sur cette conception qui inspire tant ta façon de vivre…

Lejardinier – À ce moment-là, l’étudiant en moi s’éveilla au cours de plusieurs hivers passés en France : d’abord à Paris, puis à Nice, sur la Côte d’Azur.

Paradoxalement, je me suis alors réconcilié avec moi-même et nos hivers québécois, en réalisant l’importance d’interroger à nouveau la nature de ma nature et de ma culture.

J’allais de cours en cours, de conférence en conférence, de jardin en jardin, de musée en musée, de parc en parc…

Les notions de nature et de culture sont alors devenues le centre de ma réflexion, et les notions de vie et de saisons se sont aussi précisées.

À Paris, les peintres impressionnistes du début de l’ère industrielle ont attiré mon attention. Ainsi, chaque fin de semaine ou presque, je franchirai la pyramide du Louvre.

J’aimais particulièrement l’importance que le musée accordait à l’Antiquité, à l’Égypte, à la Renaissance et à l’éveil de la modernité.

La représentation de la culture et de la nature sous différentes formes artistiques me passionnait. J’étais redevenu étudiant à temps plein…

Dans ce contexte, tes racines ancestrales referont surface pour être réinterrogées…

Lors de mon premier hiver à Paris, il m’est passé à l’esprit la réflexion suivante : mes ancêtres devaient être de véritables capotés, très désespérés, en quête de sensations fortes pour quitter une vie environnementale aussi clémente et surabondante en culture pour une vie d’intempéries, de froidure et de survie en sol québécois.

Pour la première fois, je réalisais que les décisions prises par nos ancêtres, nous devons un jour ou l’autre les faire nôtres ou rebrousser chemin, faire marche arrière.

 

Cet hiver-là, à Paris, avec madame Weil, mon initiation au yoga calma mes envies de tout reprendre à zéro. Cette femme ajouta de la sérénité à mon questionnement.

Par la suite, beau temps mauvais temps, chaque samedi matin, je me rendrai chez elle, boulevard Exelmans, parfaire ce yoga pour qui le corps et l’esprit, la nature et la culture, ne font qu’un.

Depuis, je n’ai jamais cessé de le pratiquer sur une base quasi quotidienne. Paris, dans mes souvenirs, est aussi le lieu de mon apprentissage à la détente physique et mentale. C’est aussi madame Weil !

Aujourd’hui, dans les Jardins diversiformes, n’as-tu pas l’impression de vivre un très très long voyage, au coeur des saisons, tout comme moi ?

Dans ce milieu de vie, je deviens jardinier-philosophe, créateur d’images et de mots, bref, Lejardinier prend forme en y déployant ses ailes et sa plume.

De ces terreaux saisonniers émergent également, de temps en temps, nos amusantes toiles signées Louis-Georges. Car, en duo, nous nous faisons horticulteurs, que dis-je, articulteurs de vies créatrices saisonnières.

Tout comme Marguerite Yourcenar le faisait, je fais de plus en plus mes voyages sur place ; je traverse nos jardins avec cette drôle d’impression de vivre chacune des saisons dans tout mon corps. Tout ça m’émerveille ! M’enchante ! Je ne cesse de remercier cette vie… saisonnière.

La médiation du yoga...

Le yoga a-t-il eu un rôle à jouer dans cette réconciliation avec tes ancêtres ?

Chaque hiver, vers la fin mars, lorsque je revenais au Québec tout recouvert de neige, j’avais l’impression de vivre un deuxième printemps ! Je revoyais nos jardins sous un angle nouveau. Même sous une épaisse couverture de neige, je découvrais leur originalité, leur vie.

Les arbres, arbustes, statues, structures et sentiers avaient presque un cachet de vacances méditerranéennes ! Bref, les hivers se faisaient de moins en moins intempéries… Le yoga faisait sans doute son œuvre !

Je découvrais sur ou sous cette blancheur hivernale, le charme des quelques arpents de neige du grand Voltaire, ainsi qu’une paix et une sérénité.

L’étendue même de notre lieu d’habitation intérieur et extérieur m’impressionnait de plus en plus. J’étais fort loin des studios parisiens ou niçois à la française.

À leur tour, nos jardins d’hiver devenaient comme pour ceux du printemps, d’été et d’automne des lieux de création, de contemplation, d’acclimatation ou de spécificité.

L’hiver devenait de plus en plus froidure créatrice de sentiers, d’ombres, de formes, de couleurs… Finalement, à bien y penser, mes ancêtres n’étaient pas si fous que cela !

À chaque retour…

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Louis Couture

Les Créations Diversiformes

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