Des plates-bandes, des arbres et arbustes, le tout composant un « grand format » organique qui fait écho à la nature qui entoure les Jardins diversiformes, voilà notre tableau préféré ! • Photos :  G. Lejardinier

Cet texte a été publié il y a un an, sous le titre Un jardin en art.

Puis, en le relisant, je me suis rendu compte à quel point – avec quelques mises à jour et un changment de titre – son contenu rejoignait le thème 2022 de nos visites de jardin.

Voici donc l’article Du jardin à l’écomilieu

Mise à jour : octobre 2022

Ah ! Que faire de nos espaces verts personnels ! Et si nous en partagions la « gestion » avec la nature ? Depuis des années, les Jardins diversiformes tentent, à leur façon, l’aventure de se faire écomilieu.

UN ESPACE ENTRE RÊVE ET RÉALITÉ

Qui n’a pas rêvé de vivre en campagne, près de la nature ? Pourtant, que ce soit une pelouse, une cour, un espace perdu dans le côté d’une maison, on se demande alors souvent quoi et surtout comment faire.

Comment s’y prendre pour que ce morceau de nature ne devienne une pelouse synonyme de no man’s land ? Comment éviter la réalité du travail ennuyeux, répétitif et surtout éreintant ?

Malgré tout, il y en a qui savent occuper cet environnement, en en faisant soit un terrain de jeux pour les jeunes soit un prolongement de leur demeure.

Ainsi parfois, un bout de terre devient une sorte de pièce verte, un salon à ciel ouvert, où il fait bon relaxer, partager un moment d’intimité et d’amitié.

DU POTAGER AU JARDIN

Pour la petite histoire des Jardins diversiformes : avouons qu’au début. la volonté de faire un jardin potager, de ce grand espace inutile, était dans la tête de Georges dit Lejardinier.

Oui, c’est toujours un grand défi de cultiver des légumes, de développer un verger. Chapeau aux producteurs agricoles à l’approche bio ou à la moderne !

Quel investissement en temps et en énergie ! Mais, malgré l’élan vert actuel, nous savions que cette voie n’était pas vraiment la nôtre.

L’article Avoir trente ans donne les grandes lignes du jardinage intensif que nous avons expérimenté sur cet acre et quart de verdure avant de trouver notre voie.

UN GRAND FORMAT PICTURAL

Si cet espace fut d’abord un vaste potager avec quelques fleurs, après des années de jardinage, le retour à la ferme de l’enfance de l’ami Georges avait peut-être fait son temps.

De mon côté, je me suis rapidement découvert une passion pour le jardinage, en y  ajoutant mon grain de sel. J’étais alors fasciné de voir s’élaborer de saison en saison une grande toile organique.

Un grand format biologiquee, tout en verdure, dans et sur lequel on pouvait explorer le potentiel des couleurs, des formes, des perspectives, de l’ombre et de la lumière.

Bref, il y avait là un appel à sculpter l’espace, à composer avec la nature, à explorer une sorte d’ARTiculture.

D’HORTICULTURE À ARTICULTURE

Pour les jardiniers des lieux, il fut de plus en plus nécessaire de résoudre le dilemme : ou le jardin te bouffe ou il te nourrit.

Y réfléchir s’imposait à mesure que la joie du jardinage se tarissait en réalisant les limites de ce que quatre mains peuvent accomplir.

Peu à peu, la nécessité de faire autrement l’a emporté. Et à ce jour, nous pensons que c’était pour le mieux.

L’idée de faire de ce lieu un endroit magique, un lieu d’observation, d’apprentissage où il ferait bon vivre l’a emporté.

Ça, c’était pour le côté romantique, mais au-delà du style de vie, il y avait aussi le désir d’être en harmonie avec la nature des environs.

Tout cela avec les derniers vestiges de nos immenses potagers : des petites tomates cerises, une poignée d’haricots d’Espagne, quelques fines herbes, des pommes, des bleuets, des framboises, le tout pour notre grand bonheur !

APPRENDRE À APPRENDRE

Puis, au fil des beaux jours, l’observation, l’action, l’huile de bras, les coups de pelles et de râteaux ont fait l’ouvrage.

Les sillons des potagers sont devenus plates-bandes fleuries, la pelouse a été découpée en sentiers droits ou sinueux nous offrant des points de fuite qui invitent le regard à la promenade.

Et partout, les plants vivaces se sont multipliés, les arbustes ont profité, les arbres de toutes sortes ont grandi.

Après trente-six ans, les végétaux et nous, on se connaît beaucoup mieux. Tout comme les insectes qui habitent les lieux et la faune des alentours qui nous visite.

D’un été à l’autre, nous sommes à l’écoute de ce que la nature nous propose et nous inspire. Il y a encore tant à apprendre d’elle.

Celle-ci nous aide à esthétiser chacun de ces espaces, de ces jardins, en fonction de leurs spécificités.

Aussi, n’oublions pas que, près de nos quartiers, tout un monde écologique, discret et invisible, grouille de vie. Il faut savoir que les arbres fruitiers attirent cette faune, surtout en temps de sécheresse.

Ainsi dans nos jardins, des éco-problèmes surviennent parfois, et des solutions écologiques s’imposent.

Par exemple, certaines années, l’ours noir prendra beaucoup de place, si on ne cueille pas avant lui ces belles pommes qui tapissent le sol.

UNE APPROCHE ÉCOSYSTÉMIQUE

Nos techniques ARTicoles se sont ajustées et simplifiées, en faisant un clin d’œil à ce qu’on appelle de nos jours, le durable et le circulaire.

Ne plus avoir recours aux insecticides et aux herbicides, et presque plus d’engrais, mais plutôt un compostage perpétuel.

Sarcler régulièrement, émonder au besoin, arroser localement, s’étirer, respirer profondément, voilà des taches qui peuvent échapper au syndrome de la corvée éreintante.

Comme nous l’avons souvent dit dans nos articles sur le compostage : ce que le jardin nous donne de superflu ou ce qui s’éteint en cours de saison, nous essayons de le rendre au terreau, directement sur place, pour l’enrichir et contribuer à sa vie organique.

Ce qui nous a beaucoup aidés dans cette transition, c’est le fait d’abandonner cette obstination culturelle, à vouloir composer avec des plantes exotiques – souvent hybrides – qui ne sont pas adaptées à notre climat et qui végètent sur place avant de dépérir. Oui, lâcher prise n’est pas facile !

Enfin, nous avons décidé de miser sur des arbustes et des fleurs vivaces robustes et généreuses qui se plaisent en Outaouais et qui sont prolifiques.

D’ailleurs, des végétaux qui se resèment ou se multiplient facilement ne résistent-ils pas souvent mieux aux caprices des étés de plus en plus chauds et secs ?

Ces végétaux ont quelque chose de perpétuel, et leurs couleurs ou leurs teintes ajoutent, touche après touche, à la composition de notre canevas géant.

Le défi des changements climatiques exigent une approche moins energivore.

NATURE ET RÉCONCILIATION

Cette réconciliation avec la nature offre aux insectes, à la faune et aux fleurs indigènes des alentours une oasis dans leur quête d’un monde accueillant.

Nous tentons de garder bien vivant ce poumon vert qui, comme la nature environnante, capte une fraction du fameux CO2.

Faire quelques pas, si minimes soient-ils, pour se réconcilier avec la vie des espèces et avec la Terre, c’est toujours un début.

Ah ! Les fleurs indigènes...

Une tendance récente de notre voyage sur place, consiste à accueillir des fleurs indigènes de toutes sortes.

On les voit, sortir de terre, ici et là. Et là où nous les gardons, elles viennent souvent mettre en valeur les autres fleurs, celles qu’offre toute bonne pépinière. D’ailleurs parfois, ce sont elles qui volent le spectacle.

On peut se demander si le terreau de notre vieille planète ne cultiverait pas une forme de mémoire, en conservant des semences de plantes longtemps éradiquées, car considérées comme étant indésirables.

La nature des alentours, veut peut-être aussi faire sa part. Elle frappe à la porte des jardins. Pourquoi lui interdire éternellement l’entrée ?

De plus en plus, dans nos Jardins diversiformes, nous faisons une place aux plantes, arbres et arbustes indigènes.

Mais, il vaut toujours mieux apprendre à connaître ces nouvelles recrues qui cherchent à s’implanter. Il va de soi que nous choisissons les végétaux qui ne représentent pour les humains aucun danger*. 

Il en va de même, en ce qui concerne les arbres et arbustes. Ainsi, nous apprenons à mettre un peu plus de campagne dans nos villes et dans nos vies.

__________

Quelques plantes indignes provoquent chez l’humain des allergies assez violentes, quant elles ne sont pas carrément toxiques. D’autres ont un système racinaire croisé et tentaculaire qui étouffe tout sur son passage comme le phragmite.

Je pense ici au panais sauvage, à l’herbe à poux, à l’herbe à puce, à la grande berce du Caucase, au phragmite, une graminée très envahissante qui borde les fossés des autoroutes.

D’ailleurs, si on a des doutes en voyant une plante que l’on ne connait pas, on peut porter des gants pour sarcler.

L’AMI LEJARDINIER ET SON BOUDDHA ONT LU POUR VOUS…

L’arbre-monde
La communication entre les arbres

Par Richard Powers • Éditions 10/18 • 2018 • 738 pages.

Au fil d’un récit aux dimensions symphoniques, l’auteur explore le drame écologique et notre égarement dans le monde virtuel.

• OBSERVER • SIMPLIFIER
• S’ADAPTER

Vous êtes à la recherche de plantes adaptées au climat de l’Outaouais ?

Voici le palmarès de la floraison des Jardins diversiformes.

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