Les Jardins diversiformes, au tout début, vers 1986. Exploration photographique : L. Couture

SURVOL – Ce texte a été écrit en en 2016 pour les trente ans des Jardins diversiformes.

Avoir trente ans, c’est la porte d’entrée dans la force de l’âge. Mais, avoir trente ans pour un jardin, ça peut ressembler à une éternité.

Trente ans et quelques poussières, c’est aussi plus de trente printemps, trente étés, trente automnes ; autant de saisons pour apprendre et surtout pour voir un lopin de terre connaître plusieurs transformations.

Grâce au cycle des saisons, c’est aussi maintenant trente-deux hivers, trente-deux moments de recul pour rêver au jardin qui suivra et se donner le temps de le repenser à partir de ses jardins intérieurs.

De 1986 à 2018…

UN LIEU, DES JARDINS, EN PERPÉTUELLE TRANSFORMATION

Comme tout organisme vivant, les Jardins diversiformes ont connu plusieurs cycles tout au long de ces années. Il y a d’abord eu une période d’implantation sur l’acre et quart qu’ils occupent depuis 1986.

Il faut dire qu’au départ, cet espace avait des allures de terrain de golf : une immense pelouse avec quelques arbres.

C’est à ce moment-là que le plan de base, le même qui existe encore de nos jours, a pris forme sous la main de Georges Paradis, alias Lejardinier, un gars qui rêvait d’avoir un jardin et de cultiver la terre à deux pas de la ville, et idéalement, là où il habitait. Et un beau jour, le rêve était au bout des doigts et de quelques courbatures.

Sont donc apparus, trois jardins potagers constitués de sillons parallèles tracés à même la pelouse. Puis, au fil des jours, en l’observant et en voyant le projet prendre forme et se déployer, j’ai à mon tour embarqué  dans cette exploration et mis la main à la pâte, en ajoutant grain de sel et courbes.

À partir de ce moment-là, dans ma vie, l’idée du jardin a pris une place très importante. Le jardin est devenu, en soi, un immense canevas sur lequel tout devient possible.

JARDIN À LA FRANÇAISE ET JARDIN ANGLAIS

Les Jardins ont connu une assez longue période à la française… Le jardin français avait la particularité de donner une place de choix tant aux fleurs qu’aux légumes et de les mélanger entre eux : son style, hérité de la Renaissance italienne, est très rectiligne et ordonné.

Puis, d’année en année, les potagers ont fait place à des sillons et à des plates-bandes à l’anglaise, c’est-à-dire avec une floraison de vivaces qui s’échelonne du début du printemps à la fin de l’automne.

Comme l’ami Lejardinier se plait souvent à le dire : « nos Jardins sont à l’image du Québec, au carrefour de deux grandes cultures qui l’ont façonné ».

Ce passage à une autre conception du jardin et à une autre pratique a été rendu possible parce que nous réussissions à multiplier les quelques boutures que notre entourage – famille, amis et contacts – nous offrait en cadeaux. Il y avait aussi les cultivars que nous achetions dans les pépinières des environs, et, par la force des choses, nous avons adopté ceux qui s’adaptaient le mieux au climat de l’Outaouais, avec ses hivers rigoureux et interminables.

COMPOSER AVEC LE VIVANT

Nous avons tout de même mis du temps à apprendre de ces plants, pour justement en arriver à composer avec chacun d’eux. Zone de rusticité, exposition au soleil, type de sol, résistance à la sécheresse, hauteur, période de floraison, voilà autant de facteurs qui donnent une idée de la complexité du jardinage.

Bien que nous ayons opté pour des végétaux qui s’accommodent bien du climat de notre coin de pays, j’ai souvent l’impression que la pratique de l’horticulture demeure une activité, un art, aussi ardue qu’apprendre une langue étrangère.

Alors bonnes visites et surtout bon jardinage !

Les Jardins diversiformes dans le regard de l'autre...

Dés le départ, les Jardins diversiformes ont attiré l’attention de notre entourage, d’abord par leur ampleur, mais aussi par la sensation d’harmonie que s’en dégageait, si propice à l’observation. Il y a aussi eu l’article Un jardin à saveur écologique* paru en 1993, dans le supplément Jardins d’ici de la revue Décoration chez-soi.

Un partage qui se renouvèle…

Depuis, nous nous sommes réjouis de pouvoir partager cet espace avec nos amis et nos connaissances : d’abord sous la forme d’ateliers de peinture en plein air, puis depuis 2015, ce partage à pris le chemin du projet estival Au fil du temps. Ainsi, l’invitation est lancée à un public plus large pour venir visiter les Jardins diversiformes à différentes périodes de leur floraison. C’est aussi une façon pour nous d’entrer en dialogue avec les mordus du jardinage et de partager ensemble nos expériences.

* Un reportage paru dans le supplément Jardin d’ici, Décoration chez-soi, 1993.
Entrevue et texte : Louise Richer  •  Recherche : Sylvie St-Louis  •  Photos : Sylvain Morel  •  Illustration : Pierre Létourneau

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