Diane, la déesse de la nature, m’a demandé si la pandémie 2020 ne serait pas le déclencheur d’une réconciliation avec la Terre, d’un passage accéléré vers une économie verte et de plus de démocratie ou plutôt leur contraire ? Voici ma réponse…

SURVOL – Apprendre de la nature, de notre environnement ; créer des jardins laboratoires du vivant; faire de la planète Terre le jardin de la galaxie…

Photos : Louis-Georges

Jardins et jardiniers sont les archives vivantes de la biosphère.

Chaque espèce vivante sur Terre est une mémoire, un livre, une bibliothèque, un condensé du vivant.

Chaque forme est une variante des autres. Nous sommes faits des uns des autres.

Toutes les espèces vivantes participent à un écosystème.

Elles sont territorialisations, enracinements, rusticités.

Nos corps sont d’ascendance virale, bactérienne, minérale, végétale et animale.

Ils s’épaississent du temps qui les traverse.

Ils sont instemps.

Métamorphoses.

Nous sommes des vivants aux ancêtres à héritage commun.

Notre interdépendance biochimique à la fois nous approche et nous éloigne.

Nous faisons expériences de transformation et découvrons une pluralité de vies possibles avec leurs exigences, leurs modes d’être et d’interagir singulièrement.

Toute vie est potentiellement créatrice, inventive. Coévolutive. Diversiforme.

Vivre le monde dans et par le corps va bien au-delà de l’esprit, du concept, de l’idéologie, de l’anthropocentrisme ou de l’égologie.

Par le corps nous sommes en symbiose avec le territoire. Évoluons socioécologiquement.

Partageons un monde, un champ/chant dont nous ne cessons de découvrir les composantes, les tonalités, la plurispécificité.

Les jardiniers sont des êtres de terrain.

Des êtres de désirs, d’affects et de passions, corps vivants parmi les corps, ils s’insèrent dans un dialogue avec les vivants.

Ils cohabitent, interagissent dans un lieu, un espace, un environnement, un terreau organique et inorganique, humain et non humain.

Rendons grâce à nos ancêtres préhumains !

Tous, tant que nous sommes, faisons partie d’un même chant, d’une même meute, d’une même ménagerie, d’un même équilibre transitoire.

Cohabitant la Terre avec les criquets, les grillons, les abeilles, les écureuils, les suisses, les loups, les jardiniers ne cessent de renouer avec leur ascendance originale animale.

Jardiner, c’est tisser des liens, expérimenter de nouvelles sensibilités dans nos relations à la vie de la vie.

Nos corps nous ancrent dans un art de vivre l’ici et le maintenant.

L’instemps présent.

Les jardiniers ne cessent de favoriser la vie dans toute sa biodiversité.

Ils sont à mille lieues des écocides silencieux situés à l’enseigne de la chimie de synthèse ou des pesticides.

Ils inscrivent leurs interventions à l’enseigne de la pacification, de la médiation.

L’interdépendance des points de vue leur est essentielle.

La monodiscipline comme la monoculture désertifie les champs/chants.

Jardins et jardiniers sont en constantes transformations, socialisations, apprentissages. 

S’inscrivant dans le souci des vivants, ils enracinent leur dialogue créateur entre eux et autour d’eux.

Ce faisant, ils favorisent une nouvelle cosmopolitesse.

Ils initient une interéthique, dite mésoéthique.

Ils cohabitent dans l’alterspécificité.

L’interconnexion.

Ils prennent faits et causes pour une socioécologie, car nature et culture se conjuguent.

Chez les espèces vivantes, la vulnérabilité, la fragilité ne sont pas une marque de faiblesse en cours de vie.

Elles lient, soudent la vie à un monde commun, une chair commune, une solidarité partagée.

Elles rendent courageux en unifiant les forces agissantes des espèces humaines et non humaines.

L’instemps vécu des jardiniers est processus, reconnaissance, empathie, compromission avec la vie territoriale.

Insertion et renouvellement.

L’éthique et l’esthétique ne font qu’un.

Car le respect et la beauté des lieux ne sont rien d’autre qu’une manière d’appréhender, de sentir, d’habiter des formes, des couleurs et des ombres.

De faire corps avec la biosphère.

Jardiner la vie, l’inscrire dans des pratiques articultrices d’aide et d’entraide.

Opter pour des pratiques socioécologiques plurielles inscrites dans des polytiques, c’est-à-dire des pratiques et des discours diversifiés, éthologiques, démocratiques.

Les jardiniers mettent la relation au coeur de tout.

Ils transforment la vie des jardins qui les transforment à leur tour.

Ils ne cessent de s’ajuster, de s’adapter.

Ils quittent l’agrobusiness intensif, écocide, pour une agroécologie des interdépendances créatrices.

En expérimentant le monde dans et par le corps, les jardiniers s’inscrivent dans des perspectives créatrices éthologiques impressionnistes et saisonnières, lesquelles perspectives sont un terreau qui ne cesse de meubler, nourrir l’intellect, les concepts, la réflexion ou la raison.

* * *

 D’OÙ VIENNENT CES MOTS ?

Démocratie...

Le terme démocratie est construit sur les mots du grec ancien δημοκρατία /dēmokratía, combinaison de δῆμος /dêmos, territoire (de daiesthai, partager), puis de peuple ;

et du verbe kratein (commander). D’ailleurs, en grec moderne, l’État se dit κράτος /kratos.

C’est l’État ou la commande du peuple.

Ce mot désigne à l’origine un régime politique dans lequel les citoyens participent aux décisions politiques par le vote.

Texte remodelé à partir d’une source Wikipédia.

Écologie...

Le terme écologie est construit sur les mots du grec ancien οἶκος /oîkos, maison ou habitat – d’où sans doute le nom de notre yogourt Oikos – et λόγος / lógos, discours, comme dans notre « dialogue ».

C’est la science de l’habitat.

Il fut inventé en 1866 par Ernst Haeckel, biologiste allemand darwiniste.

Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, il désignait par ce terme « la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence ». 

Le mot économie a la même origine : de οἶκος /oîkos,, maison, et nomos, gérer, administrer.

Donc, c’est la gestion de la maison.

Texte remodelé à partir d’une source Wikipédia.

Lejardinier et Primo ont lu pour vous…

MANIÈRES D’ÊTRE VIVANT  • Par Baptiste Morizot. Éditions Actes Sud. 2020. 325 pages.

QUAND LES ANIMAUX ET LES VÉGÉTAUX NOUS INSPIRENT • Par Emmanuelle Pouydebat. Éditions Odile Jacob. 2019. 204 pages.

L’HOMME ET LA NATURE : les textes fondamentaux • Revue : Le Point Références. Juillet-Août. Septembre 2020. 115 pages.

LE BONHEUR EST DANS LE PRÈS. • Philosophie magazine. No 141. Août 2020.

De mois en mois • Au palmarès de la floraison des Jardins diversiformes

JARDINER • RÉFLÉCHIR • PHOTOGRAPHIER • ÉCRIRE • PARTAGER

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