Sélectionner une page

Le monde de Lise, dans toute sa diversité, sa fantaisie et son humanité.

POUR TOI LISE

Chère Lise, depuis ton départ survenu le 21 mars dernier, j’ai beaucoup repensé à tous ces moments que nous avons partagés ensemble.

J’ai été très ému, lorsque en fin de vie, tu m’as expliqué à quel point mes ateliers de peinture avaient compté pour toi.

Mais, ce jour-là, j’ai senti que les rôles s’inversaient : c’était plutôt toi qui, avec ton courage et ton attitude stoïque, étais devenue mon maître.

En y repensant, je réalise que tu as été une « fan » assidue des activités du projet Les Créations diversiformes, cette entreprise aux multiples visages.

Tantôt école de créativité, tantôt ateliers thématiques offerts conjointement avec Lejardinier ; tantôt boutique saisonnière, expositions, kiosques et maintenant visites de jardins…

En 2006, le premier numéro de la revue Exploration diversiformes – concocté avec l’ami Lejardinier – a vu le jour. Il avait comme thème déclencheur Créer, c’est voyager qui t’a inspiré un article présentant cette façon si personnelle que tu avais d’aborder la création picturale.

En souvenir de toi, il me fait plaisir de partager sur ce blogue ton article Retrouver sa créativité.

Merci pour tout Lise, pour ta présence, ton sourire, ton intelligence et ta fantaisie ! Je ne t’oublie pas. 

RETROUVER SA CRÉATIVITÉ

Par Lise Bussière (1955-2019)

C’est un heureux hasard qui m’a amenée à m’inscrire à un atelier sur la créativité offert par l’artiste peintre Marie-Ange Richer en mai 2002. Mon objectif était de trouver une façon amusante de reprendre contact avec ma créativité.

Bien sûr, je m’étais amusé à compléter quelques peintures à numéro dans mon enfance et à colorier dans des cahiers à dessiner. Mais, jamais au grand jamais, je n’aurais seulement imaginé faire de la peinture !

Et voilà que j’avais complété ma première toile « Effervescence ». Et en plus, j’aimais ma création! Quelle audace!

Peu après, le dépliant « Peindre dans un jardin » a capté mon attention. Je me suis dit : « pourquoi pas ? », et voilà !

C’est ainsi que, depuis août 2002, j’explore ma créativité et l’univers fascinant de la peinture dans l’environnement nourricier et chaleureux offert à l’École de créativité Diversiformes.

LA PEINTURE, UN VOYAGE

Pour moi, peindre, c’est partir en voyage au pays imaginaire. C’est laisser émerger les images qui se forment dans l’espace mystérieux où le conscient touche à l’inconscient. C’est façonner un ordre qui m’est tout à fait personnel à partir du chaos apparent des formes et des taches colorées de mes palettes de couleur.

Peindre, c’est la clé qui ouvre les portes de mes jardins intérieurs et des greniers où sont cachés des vieux squelettes et des trésors fantastiques.

Peindre, c’est me raconter des histoires; c’est me faire un clin d’œil et en faire un au spectateur par la même occasion.

Peindre, c’est aller à la rencontre des multiples visages de la créativité humaine à travers le temps, l’espace et les cultures. Peindre, c’est mettre de l’extra dans mon ordinaire.

COULEURS, FORMES ET COMPOSITION

Lorsque je regarde mes toiles, je constate que c’est l’histoire et les personnages que je mets en scène qui leur donnent un sens. Mais, c’est en passant par le jeu des couleurs et des formes que je crée mes histoires.

Parfois, j’ai déjà choisi mon sujet lorsque je commence un tableau. Par exemple, « Barbouille » est née d’un croquis de ma chatte saisi dans un de ces moments typiques de la vie des chats : leur profonde rêverie face au mur et dos aux humains.

J’ai d’abord posé la forme de la chatte sur la toile, que j’ai peinte orange, ce qui, en retour, appelait la couleur complémentaire. Le bleu fait penser au ciel, qui fait penser aux fleurs, qui ajoutent une touche de rêverie champêtre à cette scène domestique…

Souvent – et c’est totalement magique – mes compositions émergent à partir de taches de couleurs posées au hasard sur des toiles, une technique tachiste que Louis Couture et Georges Paradis ont alors baptisée « Zappartage ».

Cette technique m’amène à retravailler les couleurs et les formes afin de mieux définir les personnages et les histoires qui ont surgi.

C’est ainsi qu’une jeune femme rencontre en rêve « Les visiteurs de la nuit» : personnages historiques, guides spirituels, vies antérieures, facettes de la personnalité, qui sait ?  Seule la rêveuse le sait et le chat s’en doute.

C’est la même magie qui a fait apparaître la fillette à l’imagination débordante de « Moments tendres» et la jeune femme vivant à « Plein gaz » sa passion.

« Plénitude » combine les deux techniques. J’ai imposé un dessin de la mère et son enfant, ainsi qu’un grillage de vitrail, sur une toile où j’avais déjà posé des taches de couleur.

De ces formes et ces couleurs sur la toile, j’ai laissé d’autres images émergées : l’arbre de vie, Adam et Ève, l’âne et le bœuf, l’archange Gabriel, les roses, bref toute une imagerie se référant à la naissance, la création, la créativité universelle.

À partir du chaos apparent surgissent la forme, l’ordre et la vie. Au cœur du mystère de la création se manifeste l’amour absolu de ce qui est créé, la plénitude.

LES « SENS » D’UNE PRODUCTION

J’aimerais comparer ma production à celle d’une alchimiste travaillant à la réalisation du Grand Œuvre, c’est-à-dire, « parvenir à une liberté et un épanouissement complets ».

Chaque toile engage mon être tout entier, car c’est en même temps un travail physique, affectif et spirituel.

C’est un travail physique, car c’est avec mon corps que je crée un tableau : ma main tient un pinceau, j’applique de la peinture acrylique sur un canevas, mon œil perçoit la couleur des pigments de peinture, etc.

C’est un travail affectif, car c’est mon cœur qui guide mes choix : je peins des sujets qui me touchent, je choisis des couleurs que j’aime, je sacrifie certaines formes pour en mettre d’autres en valeur, etc.

C’est un travail spirituel, car c’est mon âme qui entre en scène : mes images émergent de l’inconscient tant personnel que collectif, j’accueille ces images, j’entre en dialogue avec elles, je les cristallise sur la toile, je les transforme et par le fait même, je suis moi-même transformée.

LE DÉSIR DE PEINDRE

La façon de vivre sa vie, sa création, son art change lorsqu’on réalise que ce n’est pas de talent dont on a besoin pour peindre.

Tout ce qu’il nous faut pour peindre, c’est de la peinture, des pinceaux et le désir de peindre. Le talent, c’est ce qui résulte de l’étude, de la pratique, du temps et de l’amour qu’on y met…

Essayez pour voir !

Barbouille ou La méditation de minette • L. Bussière • Cartes de souhaits • 2002

Moments tendres • L. Bussière • Acrylique sur toile • 12 po x 16 po • 2005

Plein gaz • L. Bussière • Acrylique sur toile • 2005

Visiteurs de la nuit • L. Bussière • Acrylique sur toile • 12 po x 16 po • 2005

Plénitude • L. Bussière • Acrylique sur toile • 12 po x 16 po • 2004

Noël • L. Bussière • Carte de souhaits • 2008

Sourire sur le Nil
Encre sur papier • Par L. Couture • D’après une photo de voyage de L. Bussière

Par un beau jour d’été, Lise dans les Jardins diversiformes,
en compagnie de Louis Couture et de l’ami Lejardinier 

Photo : Brigitte Labrecque

error: Contenu protégé !

Souscrire à mon infolettre

Rejoignez ma liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour.

Vous pourrez vous désabonner à tout moment. 

 

Louis Couture

Les Créations Diversiformes

Merci de votre inscription.

Share This