Image à la une : plate-bande Diversiformes et vie souterraine. Photo : Lejardinier

SURVOL – Cet article s’adresse au jardinier en vous qui est souvent en quête d’une approche horticole plus simple ; il tente de répondre à la question suivante : quel est le rôle des racines dans un jardin ?

Inspiré de faits réels, il prend la forme d’un dialogue imaginaire entre vos hôtes Louis Couture et Lejardinier.

Photos : L. Couture

Avertissement

Bien entendu, nous ne pouvons dire si la combinaison des plantes citées dans cet écrit seront un succès dans votre environnement, mais notre approche pourrait vous encourager à mieux observer ce qui fonctionne déjà dans vos plates-bandes.

Louis Couture – Depuis plus de trente ans, nous observons les Jardins diversiformes passer d’une saison à l’autre, et en retour, ce coin de nature apporte souvent des réponses à ton fameux questionnement écologique, pour ne pas dire « agricole ».

Lejardinier – En effet, je les observe depuis trente-deux ans et mon cher Louis, venant d’une ferme, tu peux utiliser avec moi le mot agricole sans ajouter de guillemets. L’agriculture, l’horticulture ou le jardinage sont un ensemble de pratiques et de connaissances que nous établissons avec la vie du vivant.

C’est une pratique qui engage l’esprit et le corps. Dommage que le mot ARTiculture n’existe pas dans ton dictionnaire ! Je préfèrerais cette appellation à toutes les autres.

En effet, il rend si bien ce que nous expérimentons comme jardiniers dans nos jardins. C’est en dernière instance une  pratique artistique très exigeante. C’est l’art du possible conjugué au quotidien.

Ha ! Ha ! C’est d’accord, plus de guillemets alors ! Même si je connais bien ta philosophie du jardinage… un jour, tes propos m’ont vraiment surpris. Pour accueillir les visiteurs, tu faisais une présentation, et je t’ai entendu leur parler du système racinaire des plantes.

Tu laissais entendre que si elles réussissent às’épanouir dans une plate-bande mixte, c’est probablement parce que leurs racines occupent des profondeurs différentes les unes par rapport aux autres…

C’est donc dire que Lejardinier, à l’exemple de la nature, garde encore quelques bons secrets, comme celui portant sur les racines… Des secrets qu’il partage en temps opportun.

Tu vois Louis… Les racines, je les imagine en étages et bien occupées à nourrir ce qui se passe au-dessus la terre. Il est vrai que la partie invisible du monde végétal m’a toujours intrigué et c’est de plus en plus vrai pour les Jardins diversiformes.

C’est la partie « invisible » de notre écosystème trop souvent ignorée.

Je me demande toujours comment même des plantes dites envahissantes réussissent à cohabiter, à s’épanouir, avec une étonnante alternance, en partageant le même espace et en voyageant l’une dans l’autre.

Lorsqu’on nous vend un plant de jardins, on nous informe de son exposition à la lumière : plein soleil, etc. ; de sa hauteur, de son étendue, de la couleur de sa floraison ; du type de sol et de sa zone de rusticité, mais de l’essentiel, c’est-à-dire des racines, pas un mot !

Sont-elles profondes, intermédiaires ou en surface ? J’avoue que cela me chicote ! Ce qui se passe sous la terre, n’est-ce pas aussi important que ce qui se passe au-dessus ? Mais, ça, c’est comme oublié. Loin des yeux, loin des… racines !

Tout à fait ! Donc, si à l’entrée ouest de nos jardins, la plate-bande composée de menthe, d’égopode et de physostégia réussit à se maintenir d’année en année, c’est aussi à cause d’un bon voisinage sous-terrain : aucune d’elles n’est trop gourmande.

Sans doute ! Et tu oublies les hémérocalles et le magnifique lamier à fleurs jaunes, qui commencent à avancer vers elles sans les incommoder. La tentation serait grande de diviser tout ce beau monde…

Le temps nous dira ce qui va se passer avec cette sorte d’heureux compagnonnage. Mais, en attendant, on en profite : les plantes font le travail pour nous ! Il faut dire qu’au départ, rien n’était prévu dans cette composition.

Si bien dit ! C’est vrai que ça fait beaucoup de monde et je dirais que ça fait toute une heureuse diversité !

L’autre jour, tu me faisais remarquer que tout près du buste d’Akhénaton, l’égopode est en train de s’entremêler avec de la pervenche en fleur et que c’était tout simplement superbe !

Oui, tout à fait Louis ! Je n’avais pas vu venir ce « méTISSAGE ». Et ça promet ! Si on se donne la peine de bien observer ce qui se passe dans nos plates-bandes, parfois le jardin guide le jardinier vers de nouvelles compositions.

Il tente de lui simplifier la vie. Il lui parle en lui révélant des secrets. La nature ne se révèle-t-elle pas à celui ou celle qui sait entendre et observer ?

Ne sommes-nous pas trop souvent portés à imposer au jardin une vision plus domestiquée, étroite, de ce que devrait être le jardin parfait ? La nature comme la culture a horreur des automatismes, des modes. Des étiquettes.

Retournons aux sources ! Observons dans nos jardins la nature de la nature à l’œuvre, sur terre et sous terre ! C’est notre meilleur maître, dirait l’ami Jean de La Fontaine (1621-1695).

En fin d’été : euphorbe, sédum, crocosmia, origan…

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