SURVOL – Le jardinage est selon moi une activité qui fait appel tant au corps qu’à l’esprit. Combien d’escapades et de voyages imaginaires, de projets réels ont eu pour déclencheur un matin de sarclage ? Sans oublier nombre de colères et de problèmes qui ont trouvé leur résolution ou leur apaisement durant ces moments de plein air.
Mais, qu’en est-il en hiver ?

Les Jardins diversiformes en hiver. Photos à la une et autres images : L. Couture

Si comme moi, vous habitez un pays nordique, vous vous êtes sans doute déjà demandé par quoi au juste remplacer la pratique de l’horticulture une fois l’hiver venu. Il y a bien sûr les sports d’hiver et les promenades bien emmitouflées, mais j’ai longtemps cherché une activité de proximité qui ferait le lien directement avec les Jardins diversiformes.

Un jardin sous la neige

D’une saison froide à l’autre, l’idée du jardin d’hiver a fait son chemin. Tout d’abord, j’ai vu grand, en me voyant réaliser des sculptures de glace et des installations, et, puisqu’il fallait bien commencer quelque part, je me suis mis à ouvrir et à entretenir quelques-uns des sentiers qui offrent un circuit en boucle tout autour des jardins. Et, savez-vous quoi ? Comme l’a fait l’ami Lejardinier, je me suis mis à y prendre goût, sans en demander plus.

Des Premières nations et de l’huile de bras

Tout comme en été, mon idéal est encore d’avoir recours uniquement à l’huile de bras et non à des accessoires qui fonctionnent à l’essence, d’où l’utilisation d’un simple pousse-neige pour ouvrir la voie après chaque chute de neige. Et curieusement, j’en suis toujours là, à ouvrir des sentiers. Je vous avouerai que ce travail demande tout de même une certaine énergie : c’est mon « Nautilus » d’hiver !

Il faut peut-être prendre ce rituel comme un prétexte pour éviter de s’encabaner durant un long hiver et comme un moyen pour apprivoiser ce mammifère qui cherche à hiverner en nous.

J’ai rapidement pris goût à ce rythme hivernal et je me suis mis à aller jouer dehors le plus souvent possible, même lorsque le thermomètre flirte avec le moins trente degrés Celsius. Brrrrrrr ! Comme le disait un certain Premier ministre : « Le Canada, c’est le plus beau meilleur pays du monde », sans oublier de dire que là, y fa frette ! Dans ce drôle de processus, je repense souvent aux Amérindiens, à leur rapport aux grands froids et je les remercie infiniment d’avoir assuré notre survie lors de notre arrivée dans ce grand pays glacial.

Faire avec…

En fin de compte, j’ai réalisé qu’il suffisait d’ouvrir les sentiers pour avoir accès, même en hiver, à ce que la nature a à m’offrir de meilleur. Je peux ainsi continuer à l’observer, à la photographier et à l’imaginer.

Ainsi, la glace, les ombres bleutées sur la neige, les jeux de lumière sur les arbres nus et les conifères ; l’ensevelissement partiel des statues et des installations diversiformes ; les pistes dans la neige des petits mammifères qui révèlent leur présence insolite ; les couchers de soleil orangés ; bref, autant d’éléments, de réalités qui sont là pour composer et donner vie aux Jardins diversiformes, même en hiver.

Un hiver en images

Pour vous donner une idée de l’ampleur de la tâche, j’ai joint à cette réflexion quelques photos récentes. Mais, ne vous inquiétez pas ! Comme c’est toujours le cas dans mes projets, il s’agit de procéder en investissant une bonne dose d’intelligence, un minimum de temps et d’effort, pour obtenir le maximum d’effet, de rayonnement et de retour… inspirant.

En terminant, voici une de mes célèbres Paroles diversiformes : « le secret des jardins d’hiver, c’est l’art d’accueillir la vie et l’hiver les bras ouverts ! »

Buisson ardent – 1 • Installation : bois de noisetier d’Amérique, peinture latex, grillage galvanisé, pierres des champs, pierres à patio et poussière de roche

Lumière hivernale et fin d’après-midi

Ha ! Ha ! Les joies du verglas !

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