Photo à la une : Fragment du tableau Le fleuriste, par Louis-Georges

SURVOL – L’hiver 2017 a été un moment idéal pour reprendre les pinceaux en compagnie de l’ami Lejardinier.

C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de tenter la création en duo, ou si vous préférez en tandem, même lorsqu’il s’agit de deux amis, mais nous tenions à réaliser ce projet hivernal et nous remettre à la peinture.

Pour mieux vous situer, nous vous présentons quelques tableaux qui ont vu le jour à ce moment-là.

Comme on le sait, depuis la fin de la Renaissance, l’artiste peintre est considéré à tort ou à raison comme une sorte de génie solitaire. En musique, en chanson, les duos et les collaborations – par exemple entre auteurs et compositeurs – ont toujours été bien vus, c’est devenu la norme, mais en peinture, c’est une tout autre histoire.

En soi, peindre à quatre mains n’est pas une panacée et il comporte son lot de défis : l’un veut aller à droite, l’autre à gauche… le tiraillement s’installe et la tension monte.

Pourtant, Lejardinier et moi finissons par en rire et nous dire que parfois deux têtes valent mieux qu’une. Car vous devinez déjà que les résultats nous inspirent, nous amusent et nous poussent à aller plus loin. La création devient pour nous un lien de plus, un moment de partage et une sorte de voyage.

DU SOLO  AU ZAPPARTAGE

Nous avons exploré cette approche à plusieurs reprises depuis une quinzaine d’années et à chaque fois le résultat nous a surpris et comblés. Un beau jour, nous avons voulu nommer cette « façon de faire » et nous l’avons finalement appelée « Zappartage ».

En effet, en cours de processus, nous avions souvent l’impression de passer d’une forme, d’une image à l’autre, bref d’une « lecture » à l’autre, comme on le fait avec une télé lorsqu’on zappe d’un poste à l’autre, sans trop savoir où nous arrêter. Créer comporte sa pART d’aventure, si ce n’est pas l’aventure elle-même.

UNE POSTURE, UNE TECHNIQUE

Pour mieux vous situer, voici comment nous procédons : comme déclencheur, nous avons recours à nos palettes de couleur ou à des taches gestuelles laissées au hasard sur un support, soit par Lejardinier ou par moi-même; puis, nous laissons aller notre imaginaire en observant ce canevas à distance et en le commentant. Ô matière, qui es-tu ? Qui sommes-nous ?

 

Ah ! L’observation ! Oui, j’en ai souvent parlé sur ce blogue, dans certains articles de la catégorie Jardins, car l’observation joue également un rôle important dans notre rapport avec les Jardins diversiformes.

Par la discussion et le débat, nous zappons alors d’une possibilité à l’autre dans le but de tirer une lecture d’ensemble de ce magma. Enfin, un compromis se fait à partir de la vision de l’un ou de l’autre et parfois de l’un et de l’autre et une direction est prise.

La plupart du temps, pour y voir plus clair, nous avons au préalable recouvert cette exploration d’un cellophane sur lequel nous fixons notre lecture à l’aide d’un crayon-feutre noir par un dessin à la ligne.

À cette étape, tout se fait assez rapidement. Dès que nous nous mettons d’accord sur l’image qui émerge devant nos yeux, nous allons de l’avant avec la composition et tout s’enchaîne : la précision des formes, les tons de couleurs, le titre et bien entendu, le sens.

UN CLIN D’OEIL À LÉONARD DE VINCI

Le plus souvent, en cours d’observation, les taches, les traces nous suggèrent des personnages, des animaux, des plantes et autres formes qui nous inspirent. Cela nous rappelle le « système de spéculation » dont Léonard de Vinci parle brièvement dans ses carnets (voir la référence dans la galerie de photo).

DE LA LECTURE D’IMAGE À LA « SCULPTURE » DE LA VIE

Par la suite, il s’agit de « sculpter » cette image par des contrastes de couleurs et de tons. Le plus souvent, on tente de révéler le tout par la couleur, sans nécessairement avoir recours à la ligne cerne, c’est-à-dire la ligne de dessin de la lecture initiale.

Bref, tout comme pour les Jardins diversiformes, ce qui importe ce n’est pas tant ce que nous voulons faire, mais plutôt ce que nous pouvons « faire avec ». Et justement, avec les années, la création est devenue pour nous un nouvel art de vivre et une autre forme de jardinage.

Finalement si nous sommes satisfaits de l’image obtenue, nous signons cette création sous le pseudonyme Elgé, comme dans LG, ou par Louis-Georges – nom composé que nous avons utilisé dans un premier temps et que nous utilisons toujours.

Cet hiver, nous espérons réaliser de nouvelles explorations et vous parler des réflexions qu’elles suscitent chez nous.

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