Pervenche, égopode, prêle des champs, lysimaque cilié « Firecracker » et plus • Photos : L. Couture

SURVOL – Comme le titre de cet article l’indique, les fameux couvre-sol peuvent être très variés. Au début, on ne sait pas trop lequel choisir et on serait souvent tenté de leur demander s’ils sont amis ou ennemis.

Certaines personnes qui visitent nos Jardins sont perplexes devant une telle profusion de couvre-sol et nous mettent en garde contre telle ou telle plante envahissante.

Cet article tente de les rassurer et d’informer ceux et celles qui ne savent pas trop quoi faire de ces « bestioles » souvent si prolifiques.

Avertissement – Bien entendu, nous ne pouvons dire si les plantes citées dans cet écrit seront un succès dans votre environnement, mais notre approche pourrait vous inspirer dans le choix de couvre-sol mieux adaptés à votre type de jardinage.

PLACE À L’AMI DE TOUJOURS !

Pas à pas, depuis 1986, nous avons intégré plusieurs types de couvre-sol dans certains de nos aménagements paysagers.

Bien sûr, nous tendons l’oreille aux campagnes médiatiques qui font appel à l‘éradication de tel ou tel couvre-sol, mais sans paniquer. À les entendre, il faudrait éliminer tout ce qui pousse bien dans nos milieux !

Les couvre-sol peuvent être très utiles dans l’aménagement d’un grand jardin ou d’une grande plate-bande, mais pour le jardinier ou la jardinière du dimanche, ils peuvent aussi devenir éreintants par leur nature souvent envahissante.

LA NATURE A HORREUR DU….

La plupart des couvre-sol rendent si bien l’adage « la nature a horreur du vide » et dans les commentaires qui reviennent souvent lors des visites on nous dit : « Bof ! Moi, j’ai fini par tout arracher ça ! »

ET LA PELOUSE DANS TOUT ÇA ?

Comme nous l’avons déjà abordé dans l’article Pelouse et sentiers, nous avons fini par réhabiliter la fameuse pelouse qui est à sa façon une sorte de couvre-sol irremplaçable. Cependant, nous lui avons confié un rôle certes important, mais secondaire.

En effet, dans notre composition d’ensemble, nous avons opté pour des sentiers en pelouse, au lieu d’une juxtaposition de parterres à l’anglaise.

En plus, on peut marcher allègrement sur de l’herbe, mais pas sur la plupart des couvre-sol que l’on connaît !

En ce qui a trait à son entretien, le concept de sentier qui se profile en serpentant au loin est l’ami du celui ou de celle qui tond l’herbe, car il élimine les nombreux contours trop détaillés.

COMPOSER AVEC LES COUVRE-SOL

Plus loin dans cet article, je vous présente quelques couvre-sol qui nous aident à rendre les Jardins diversiformes encore plus vivants.

Pavots orientaux, égopode en fleurs et composition autour des Guerrier de Riace 

La coronilla « varia »

Ce couvre-sol est apparenté à la plante grimpante vesce jargeau – Vicia cracca –, dont raffolent les chevaux. Elle entre aussi dans la grande famille des légumineuses. Assez aérienne (approx. 50 cm), elle a une floraison rose qui se renouvèle une bonne partie de l’été.

Elle est aussi très envahissante et on lui a confié un ilot entouré d’asphalte où auparavant l’herbe à poux proliférait. Un couvre-sol idéal pour solidifier un terrain en pente. Elle fait son travail et s’accommode depuis des années d’une belle colonie d’hémérocalles.

L’égopode : star ou ennemi ?

Malgré la campagne hystérique qui déferle à son sujet chez nos amis américains, nous l’avons à « notre service » depuis des décennies. Elle a remplacé facilement la pelouse dans les secteurs à l’entrée, près du stationnement.

Sa coloration panachée a le don de rehausser un printemps tardif. Au fil des ans, nous avons remarqué  que l’égopode perd sa qualité bicolore pour retrouver un monochrome vert. En juin, cette plante fleurit et sa fleur blanche, en forme de dentelle, rappelle celle de l’achillée. Cette floraison aérienne donne une allure champêtre à notre environnement.

Ses racines prolifiques sont moyennement profondes et cela n’empêche pas l’intégration à la composition de graminées comme calamagrostis strictus et miscanthus gracillimus sinensis et même de plantes à bulbes comme les narcisses.

Durant la canicule du mois d’août, si l’eau est rare, l’égopode peut rouiller, mais sous l’effet d’une prochaine pluie ou d’arrosage, une nouvelle pousse peut venir à la rescousse.

Le lamier jaune

Un de mes préférés ! Le lamier jaune avec son feuillage panaché et sa floraison jaune citron du début juin illumine les espace semi ombragés. Il n’est pas aussi totalitaire que l’égopode : plutôt, il accompagne, il rehausse.

Contrairement à sa cousine à fleurs roses, il rampe en implantant ses stolons ici et là. Ce couvre-sol voyage et court dans un sous-bois, et chez nous, il aime la présence des fougères. Vous avez compris que sa racine en est une de surface.

L’orpin rupestre « Angelina »

Autre coup de cœur, en plein soleil ! Ce petit couvre-sol haut comme trois pommes me fascine. Il adore les rocailles. Cette petite plante grasse est superbe avec son feuillage jaune. Elle forme un vrai tapis et elle empêche plusieurs types de mauvaises herbes et de graminées de s’implanter dans une plate-bande.

Voilà un couvre-sol qui à la longue demandera beaucoup moins de sarclage que, par exemple, le fameux tapis de thym rampant. Si vous nous visitez, vous retrouverez l’orpin rupestre près de mon installation Place Tahrir.

Ah ! La pervenche !

Au début du mois de juin, la pervenche est à l’honneur. Elle nous offre sa superbe floraison d’un bleu lavande. Son nom latin Vinca Minorvient du mot vincirequi veut dire attacher. Et croyez-moi, lorsque qu’on l’introduit, elle s’attache !

La pervenche fait la conquête de bien des espaces mi-ombragés,  sous les arbres, tout en s’accommodant aussi du plein soleil. Il faut donc apprendre à composer avec elle, car vous avez compris : elle est très généreuse.

Son feuillage est dit persistant. C’est donc une plante qui est très rustique et elle sort presque intacte de l’hiver. Ce qui, autrefois, faisait  de cette plante un symbole d’immortalité.

Sous les reflets du soleil, ses feuilles très luisantes nous plongent dans une sorte de mirage. Un effet pas du tout facile à photographier. Lors de votre visite à la fin mai, je doute qu’il reste bien des pervenches en fleurs, mais le feuillage ajoutera de la magie au jardin, ça, c’est certain !

Peut-on remplacer la pelouse par de la pervenche ? Si on le fait en monoculture, cet aménagement demandera beaucoup de sarclage. Aussi, on peut difficilement marcher sur un tapis de pervenche.

Pour notre très grand plaisir, elle demeure aussi envahissante que l’égopode ! Dans une de nos plates-bandes, nous observons que ces deux couvre-sol s’entremêlent et l’effet obtenu nous plaît énormément. Depuis deux ans, nous avons aussi adopté une pervenche panachée qui tire sur le jaune, mais qui ne semble pas aussi prolifique que la régulière.

À VENIR – La liste des couvre-sol est très longue. Il n’y a rien comme faire ses propres expériences et observer. Avant de plonger on peu aussi lire sur le sujet !

Dans un prochain article, je vous présenterai d’autres plantes et arbustes, plus hauts, qui souvent finissent par se prendre pour des couvre-sol, comme l’hémérocalle, la spirée fausse barbe de bouc, la menthe, etc.

 

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