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Force tranquille, par Danielle Ledoux. Encre sur papier 35 X 43 cm.

SURVOL – Cet article est une occasion pour moi de faire un retour sur une aventure qui m’a fait rencontrer nombre d’artistes passionnés par leur création.

Ainsi, durant une quinzaine d’années, j’ai conçu et animé des ateliers de peinture et Danielle Ledoux a souvent participé aux ateliers thématiques du mercredi et du dimanche.

L’idée de partager avec vous ce dialogue a pris forme à l’hiver 2018, lors d’une visite à son exposition au Café des artistes de Buckingham. Je vous invite à découvrir Danielle à travers sa création.

EN DIALOGUE AVEC DANIELLE LEDOUX…

Louis Couture  –  Danielle, j’aimerais savoir quelle place la création occupe dans ta vie et depuis quand ?

Danielle Ledoux  –  Presque à tous les jours, je dessine, je fais des essais de couleur, des collages, des croquis. Je lis beaucoup sur le sujet : des revues telles que Pratique des arts et The Artist, des livres sur des techniques ou des artistes, et Youtube m’informe sur des produits,  et m’introduit à des démonstrations, etc. Je visite aussi de nombreux sites d’artistes de la région, du Canada et d’ailleurs.

Et puis, il y a les heures de création active. Un pur bonheur ! Alors, je dirais, Louis, qu’un tiers de ma journée, au minimum, est consacrée à l’art depuis plus de 20 ans.

Quand je travaillais comme bibliothécaire pour jeunes, les présentations de livres, les tours de magie et autres trucs de marketing du livre, me demandaient d’être créative, en plus de connaître les livres : ainsi, sur les fenêtres de la section pour jeunes de la Bibliothèque d’Ottawa, je faisais des murales inspirées de thèmes populaires et saisonniers.

Créer est une passion, un besoin toujours présent dans ma vie : c’est une récompense de me reconnaître dans mes créations. Mon imaginaire fait partie de moi et se retrouve dans ce que je fais.

En regardant tes créations, je me suis souvent demandé si tous ces mammifères, ces clins d’œil au monde végétal découlaient uniquement de ton imaginaire ou si elles s’inspirent également d’une proximité avec la nature ?

Je vis au coeur de la nature, dans Mulgrave-et-Derry, depuis quarante ans. La nature, je l’admire, la respire, la visite chaque jour. J’aime les activités et les sports d’extérieur : je suis persuadée que cette présence a un impact sur ma créativité, et que, malgré moi, on en retrouve des traces dans mes dessins.

Quand je commence une toile spontanément, des formes d’arbres et d’animaux apparaissent très souvent.

J’ai un rapport particulier avec les animaux, les chiens et les chats surtout : ils viennent à moi. Des chiens de garde viennent s’asseoir à mes pieds, des chats malcommodes sautent sur mes genoux en ronronnant…

La tête des propriétaires est comique à voir ! Mon animal préféré est le dauphin (sauvage et libre) et je vais les visiter chaque année sur une plage de la Caroline du Sud.

Alors, l’effet devient la cause, et vice-versa. Comme par hasard l’herboristerie, les médecines à base de plantes, et la cuisine végétarienne font partie de mes occupations. Comme c’est le cas pour toi, la nature n’est jamais très loin dans ma création.

Ton art s’exprime souvent par le dessin à la ligne, mais comment es-tu parvenue à apprivoiser et à intégrer la couleur dans cette façon de faire ?

Quelle bonne question, Louis  ! Je travaille encore beaucoup avec la ligne. Ces temps-ci, le grattage, dérivé de la technique du sgraffite me passionne (encre et grattage sur les panneaux de la compagnie Ampersand), mais au fil du temps, un processus s’est mis en marche tout naturellement pour explorer les couleurs. Aussi, je continue à explorer, en faisant de nombreux essais, des exploration de techniques différentes, et il y a eu tes ateliers déclencheurs. Bref, beaucoup de temps est encore et toujours consacré à l’intégration de la couleur !

Je procède aussi de façon plus spontanée, même si une idée ou un sentiment m’inspirent : je suis ce qui se passe dans le tableau, plutôt que l’imposer dès le début. Je ne tiens pas à reproduire la réalité, alors cette liberté me donne de belles surprises. Me concentrer sur l’espace négatif m’amuse beaucoup et m’apporte des résultats surprenants et stimulants.

Je m’amuse aussi à pratiquer ce que les musées appellent : la xérographie ou le potentiel de l’art de la photocopie. En effet, je recycle souvent mon travail : j’utilise des photocopies de mes créations de diverses façons (collage, découpage, recadrage), ce qui me permet d’exprimer ce que je recherche, ou me donne de nouvelles pistes. Je suis en constante évolution et tous les changements de style me rendent toujours joyeuse… et encore plus enthousiaste.

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