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 Le charme aérien de la verveine hastée

SURVOL – Par le passé, le potentiel des fleurs sauvages – ces plantes si bien ajustées à notre écosystème – a déjà été abordé dans quelques articles que vous retrouvez facilement sur ce blogue sous l‘étiquette Fleurs sauvages.

Voici un article complémentaire qui vous fait part de nos plus récentes découvertes.

Photos : L. Couture

À l’été 2017, les pluies estivales si abondantes ont laissé aux jardiniers des Jardins diversiformes plus du temps pour sarcler, élaguer, transplanter et surtout pour observer, écrire, rêver.

NATURALISER LE VIVANT

En effet, nous avons donc eu plus de temps pour mieux saisir l’impact de la présence de certaines fleurs sauvages dans les Jardins diversiformes. Apportées par le vent, par les oiseaux, ou grâce à des semences qui étaient déjà sur place, l’arrivée soudaine de ces plantes a souvent un aspect insolite.

Un beau jour, on se retourne, elles sont là, et elles semblent nous dire : « avant de m’arracher, regarde ce que je peux faire pour toi ».

Même si j’ai souvent dit à leur sujet qu’en avoir une, c’est en avoir mille, l’ami Lejardinier et moi avons pu constater que même si ces fleurs rustiques prennent une place dans notre environnement, cela n’a rien à voir avec l’invasion tant redoutée.

D’ailleurs, on peut facilement les sarcler et celles que l’on garde apportent vie et couleur, tout en mettant en évidence les plantes et fleurs plus traditionnelles, pour ne pas dire domestiquées.

Grâce à elles, on a l’impression de redonner ses droits à la nature et de naturaliser le vivant. Dans ce sens, nous cultivons de plus en plus le naturel.

VIVRE ET LAISSER VIVRE

En apprenant à vivre et à composer avec elles, l’idée nous est donc venue de laisser les fleurs sauvages, tout simplement être, au lieu de lutter continuellement contre elles.

Ces plantes sont souvent belles, robustes et prolifiques, alors pourquoi s’en passer et s’en remettre toujours à des plantes cultivées ou achetées en pépinière ? N’oublions pas que toutes les plantes vendues aujourd’hui ont eu pour ancêtre une parente en liberté, quelque part dans un champ ou près d’un boisé.

Autre question : n’est-ce pas dans notre culture de mépriser ce qui est gratuit ? Comme nous avons l’habitude de le faire pour ces fleurs qui pourtant chez elles, dans et autour de nos villes, sont considérées comme du chiendent.

Avec une approche de réconciliation, on découvre ce que la nature nous offre déjà et on apprend à identifier ces plantes. Dès qu’elles ajoutent une touche de magie aux jardins, nous nous entendons pour les soustraire à nos perpétuels sarclages. Bref, c’est comme si les Jardins diversiformes retournaient peu à peu à la nature.

SAVOIR IDENTIFIER LES PLANTES SAUVAGES AMIES

Bien entendu, l’idée n’est pas d’en faire une religion, car certaines plantes trouvées en pleine nature sont dangereuses ou trop envahissantes.

Quelques-unes provoquent chez l’humain des allergies assez violentes, quant elles ne sont pas carrément toxiques ; d’autres ont un système racinaire croisé et tentaculaire qui étouffe tout sur son passage. Je pense ici au panais sauvage, à l’herbe à poux, à l’herbe à puce, à la grande berce du Caucase, au phragmite – la belle et trop envahissante graminée qui borde les fossés des autoroutes –, etc. Nous prenons donc garde de ne pas introduire dans notre entourage des végétaux sources d’inévitables problèmes, car nous pouvons vivre sans eux !

Heureusement, dans les Jardins diversiformes, nous n’en sommes pas là et, pour preuve, voici plutôt quelques agréables révélations de l’été 2017.

La verveine hastée

Une des surprises de la belle saison a été la prolifération de la verveine hastée, juste derrière une rangée de potentilles. En effet, depuis quelques années, une discrète colonie s’est peu à peu installée parmi des salicaires, et ce, vraiment à la bonne place ! La floraison violacée de cette plante aérienne (1,75 m) a formé, en juillet, un massif très efficace, le tout offrant une composition esthétique et champêtre qui a fait notre bonheur. Même les pluies tropicales à répétition ne lui ont pas fait peur, puisqu’elle est demeurée bien droite !

Le salsifis des prés

Lui, il est apparu un beau jour près de la maison, dans la garnotte. Là où il ne poussait rien, c’est comme si maintenant un vide avait été comblé, et, la nature était rassasiée par l’installation de cette bisannuelle. Je trouve que sa forme élancée et sculpturale a vraiment l’allure d’une structure décorative en fer forgé.

Même si sa fleur jaune rappelle celle du pissenlit, une fois séchée, sa corolle se transforme en une sphère impressionnante. Aujourd’hui, dans nos plates-bandes, on reconnaît facilement son feuillage et là où il ajoute de la vie à nos plates-bandes, c’est un oui pour le salsifis !

L’eupatoire maculée

Depuis trois ans, cette nouvelle venue s’est installée devant la maison. Nous avons ici affaire à une vivace, car contrairement à plusieurs plantes indigènes qui sont annuelles ou bisannuelles, celle-ci est très rustique et se multiplie également par la base en s’élargissant lentement chaque année.

L’eupatoire maculée est elle aussi une grande aérienne dont les tiges robustes font près de deux mètres de hauteur. Sa floraison rose se prolonge durant une bonne partie de l’été. Aussi, je pense qu’en Outaouais, elle a bien aimé profiter de l’abondante pluie de l’été qui achève.

La question qui tue : pour la multiplier, pourra-t-on la diviser avec un bon coup de pelle, comme on le fait pour d’autres vivaces ? Cela reste à voir, mais pour le moment, nous n’osons pas déranger ses dix belles tiges si imposantes.

RÉFÉRENCE…
Pour identifier ces plantes et mieux les connaître, je consulte souvent le livre de Lise et Pierre Daigle, Fleurs sauvages du Québec, tome 2, été/automne, publié chez Broquet.

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Louis Couture

Les Créations Diversiformes

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