Le charme aérien de la verveine hastée

Mise à jour : juin 2020

SURVOL – Au moment où sévit la pandémie du nouveau coronavirus – sans doute introduit par la vente d’animaux vivants capturés en nature et vendus dans des marchés publics –, il faut prendre garde pour ne pas introduire dans nos plates-bandes des plantes, certes belles, mais parfois dangereuses pour l’humain.

Le potentiel des fleurs sauvages – ces plantes si bien ajustées à notre écosystème – a aussi déjà été abordé dans quelques articles que vous retrouvez facilement sous l‘étiquette Fleurs rustiques

Photos : L. Couture

À l’été 2017, les pluies estivales si abondantes ont laissé aux jardiniers des Jardins diversiformes plus du temps pour sarcler, élaguer, transplanter et surtout pour observer, écrire, rêver.

NATURALISER LE VIVANT

Une occasion pour mieux saisir l’impact de la présence dans jardins de certaines fleurs sauvages que nous préférons appeler fleurs rustiques.

Apportées par le vent, par les oiseaux, ou grâce à des semences qui étaient déjà sur place, l’arrivée soudaine de ces plantes a souvent un aspect insolite.

Un beau jour, on se retourne, elles sont là, et elles semblent nous dire : « avant de m’arracher, regarde ce que je peux faire pour toi ».

Même si j’ai souvent dit à leur sujet qu’en avoir une, c’est en avoir mille, avec l’ami Lejardinier j’ai pu constater que même si certaines fleurs rustiques prennent une place dans notre environnement, cela n’a rien à voir avec l’invasion tant redoutée.

D’ailleurs, on peut facilement les sarcler et celles que l’on garde apportent vie et couleur, tout en mettant en évidence les plantes et fleurs plus traditionnelles, pour ne pas dire domestiquées.

Grâce à elles, on a l’impression de redonner ses droits à la nature et de naturaliser le vivant. Dans ce sens, nous cultivons de plus en plus le naturel.

VIVRE ET LAISSER VIVRE

En apprenant à vivre et à composer avec elles, l’idée nous est donc venue de laisser les fleurs sauvages, tout simplement être, au lieu de lutter continuellement contre elles.

Ces plantes sont souvent belles, robustes et prolifiques, alors pourquoi s’en passer et s’en remettre toujours à des plantes cultivées ou achetées en pépinière ?

N’oublions pas que toutes les plantes vendues aujourd’hui ont eu pour ancêtre une parente en liberté, quelque part dans un champ ou près d’un boisé.

Autres questions : pourquoi mépriser ce qui est gratuit ? N’avons-nous pas l’habitude de lever le nez sur ces fleurs qui pourtant chez elles, dans nos villes, sont considérées comme du chiendent.

Avec une approche de réconciliation, on découvre ce que la nature nous offre et on apprend à identifier ces plantes.

Dès qu’elles ajoutent une touche de magie aux jardins, nous nous entendons pour les soustraire à nos perpétuels sarclages. Bref, c’est comme si les Jardins diversiformes retournaient peu à peu à la nature.

SAVOIR IDENTIFIER LES PLANTES AMIES ET LES ENNEMIES

Bien entendu, l’idée n’est pas d’en faire une religion, car certaines plantes trouvées en pleine nature sont dangereuses ou trop envahissantes.

Quelques-unes provoquent chez l’humain des allergies assez violentes, quant elles ne sont pas carrément toxiques ; d’autres ont un système racinaire croisé et tentaculaire qui étouffe tout sur son passage.

Je pense ici au panais sauvage, à l’herbe à poux, à l’herbe à puce, à la grande berce du Caucase, au phragmite – la belle et trop envahissante graminée qui borde les fossés des autoroutes –, etc.

Dans les Jardins diversiformes, je porte souvent des gants pour sarcler.

OBSERVER, IDENTIFIER ET S’INFORMER

Nous prenons donc garde de ne pas introduire dans notre entourage des végétaux sources de problèmes, car nous pouvons vivre sans eux !

En terminant, nous vous présentons en photos, d’agréables révélations.

La mémoire de la Terre

L’idée de laisser ces fleurs vagabondes reprendre une place dans nos jardins donne à penser que la Terre, de par les semences qu’elle contient toujours, conserve une mémoire de ce qui était avant l’urbanisation et ses pelouses.

Et dire que les pauvres humains s’acharnent à éliminer du paysage tout ce potentiel, en tentant d’effacer cette mémoire, par des sarclages éreintants et surtout des herbicides !

La verveine hastée

Une des surprises de la belle saison a été la prolifération de la verveine hastée, juste derrière une rangée de potentilles. En effet, depuis quelques années, une discrète colonie s’est peu à peu installée parmi des salicaires, et ce, vraiment à la bonne place !

La floraison violacée de cette plante aérienne (1,75 m) a formé, en juillet, un massif très efficace, le tout offrant une composition esthétique et champêtre qui a fait notre bonheur. Même les pluies tropicales à répétition ne lui ont pas fait peur, puisqu’elle est demeurée bien droite !

Le salsifis des prés

Lui, il est apparu un beau jour près de la maison, dans la garnotte. Là où il ne poussait rien, c’est comme si maintenant un vide avait été comblé, et, la nature se retrouvait rassasiée par l’installation de cette bisannuelle. Je trouve que sa forme élancée et sculpturale a vraiment l’allure d’une structure décorative en fer forgé.

Même si sa fleur jaune rappelle celle du pissenlit, une fois séchée, sa corolle se transforme en une sphère impressionnante. Aujourd’hui, dans nos plates-bandes, on reconnaît facilement son feuillage et là où il ajoute de la vie à nos plates-bandes, c’est un oui pour le salsifis !

L’eupatoire maculée

Depuis trois ans, cette nouvelle venue s’est installée devant la maison. Nous avons ici affaire à une vivace, car contrairement à plusieurs plantes indigènes qui sont annuelles ou bisannuelles, celle-ci est très rustique et se multiplie également par la base en s’élargissant lentement chaque année.

L’eupatoire maculée est elle aussi une grande aérienne dont les tiges robustes font près de deux mètres de hauteur. Sa floraison rose se prolonge durant une bonne partie de l’été. Aussi, je pense qu’en Outaouais, elle a bien aimé profiter de l’abondante pluie de l’été qui achève.

La question qui tue : pour la multiplier, pourra-t-on la diviser avec un bon coup de pelle, comme on le fait pour d’autres vivaces ? Cela reste à voir, mais pour le moment, nous n’osons pas déranger ses dix belles tiges si imposantes.

RÉFÉRENCE…
Fleurs sauvages du Québec, tome 2, été/automne •Lise et Pierre Daigle • Publié chez Broquet.

ARTICLES SIMILAIRES…

Au cœur de l’été

Au cœur de l’été

Les mois de juillet et d’août, avec leur végétation qui explose, ne cessent de surprendre les Jardins diversiformes et leurs visiteurs….

La chicorée

La chicorée

La chicorée sauvage est une matinale aux multiples fleurs bleues et dans un jardin une palette bleue, c’est plutôt rare. Cette naturalisée est originaire des pays de la Méditerranée…

Les belles de juillet

Les belles de juillet

Au cœur de l’été, je vous propose quelques-unes de mes fleurs sauvages préférées qui, en juillet, animent les Jardins diversiformes…

error: Contenu protégé !

S'abonner à mon infolettre

Rejoignez ma liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour.

Vous pourrez vous désabonner à tout moment. 

 

Louis Couture

Les Créations Diversiformes

Merci de votre inscription.

Share This